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Les modes de négociation
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La culture occidentale privilégie, dans ses modes dapprentissage comme dans ses modes de gestion, lapproche compétitive. À lécole, ou encore au travail, ceux que lon identifie comme des " gagnants " sont très souvent les plus compétitifs. Il est donc normal, dans ces conditions, que ces " gagnants " abordent le processus de négociation avec la même approche. De nombreux négociateurs ont utilisé et utilisent encore lapproche compétitive, voire même lapproche confrontante, dans leur manière de négocier. Cependant leur réussite est, plus souvent quautrement, de courte durée et leur échec est le résultat de manipulations ou de jeux de pouvoir. Rares, dans le passé, sont ceux qui se sont interrogés sur les causes de ces réussites apparentes comme de ces échecs. Cependant, ces dernières années, plusieurs chercheurs et praticiens se sont penchés sur la question. Ils ont étudié et mis en relief linefficacité de lutilisation des approches compétitives ou confrontantes. Sappuyant sur les dernières recherches en psychologie et en communication ( note 1), ils ont proposé des modèles de négociation qui sappuient sur la coopération. Quon les nomme négociations raisonnée, efficace, sans perdant ou négociation gagnant-gagnant, dans tous les cas, laccent est mis sur le respect des personnes et la qualité de largumentation.
La compétition en négociation, un jeu de pouvoir La compétition, comme nous lavons souligné, fait partie de la culture occidentale. Cette valeur culturelle entraîne inévitablement des rapports de force lorsquon lapplique à la négociation. Ainsi les partenaires se laissent facilement aller à des jeux de pouvoir tels que : " je souhaite gagner et je prendrai tous les moyens pour y arriver ; et je souhaite, consciemment ou inconsciemment, que tu perdes " ! Une personne entame un jeu de pouvoir lorsquelle a lintention dexercer son autorité ou son désir de dominer en forçant lautre à prendre une position complémentaire, soit celle du dominé dans une relation dominant-dominé. Il ny a pas dautre choix que la victoire ou la défaite. Cette attitude, prise par lun des négociateurs et quelques fois par les deux, enferme la négociation dans des croyances discutables.
Que lun des partenaires argumente dun ton irrespectueux, quil présente des propositions sous forme dultimatum ou quil refuse de participer de crainte de perdre la face et nous voilà en position daffrontement ou en position de retranchement. Dans les deux cas, la négociation aboutit à une situation bloquée, voire à léchec, même si parfois lun des partenaires semble avoir gagné. Il sagit dune victoire unilatérale, à court terme, qui sera suivie dun effet boomerang. Le partenaire qui a perdu cherchera sans cesse sa revanche. Caractéristiques des philosophies à dominante conflictuelle :
Les conséquences dune négociation à dominante conflictuelle peuvent être :
Mais que signifie gagner : les nouveaux modèles en négociation Depuis quelques années, des praticiens, appuyés par des chercheurs, ont mis de lavant de nouveaux modèles de négociation sappuyant sur la coopération afin de pallier aux effets néfastes de lapproche compétitive ou confrontante. Christophe Dupont a illustré, dans le tableau suivant, les quatre positions que lon peut adopter en négociation : perdant-gagnant, perdant-perdant, gagnant-perdant, trois positions que lon retrouve dans lapproche compétitive et la position gagnant-gagnant qui sapplique à lapproche coopérative. Les positions en négociation
Selon lapproche traditionnelle, gagner suppose quil y ait un gagnant et un perdant. Heureusement, selon le dictionnaire le Petit Robert, gagner a aussi un autre sens qui signifie " sassurer un profit, un gain, un avantage " et cette définition nimplique nullement, dans le cas dune négociation, que le partenaire perde ou quil subisse une défaite. Les négociateurs gagnants sont ceux qui réussissent à conclure une entente, un contrat qui permette à chacun datteindre les objectifs quils sétaient fixés au départ. Si ces objectifs sont opposés ou contradictoires et quils ne permettent pas un accord judicieux, des auteurs comme Fisher et Ury recommandent aux négociateurs de prévoir une solution de " repli ". " Le gagnant sait ce quil fera si la négociation échoue, le perdant ne la pas prévu ", souligne Eric Berne. Les conclusions des recherches sur la négociation, effectuées ces quinze dernières années à lUniversité Harvard, démontrent que " les négociateurs les plus habiles sont ceux qui définissent le succès comme le fait non pas de triompher de leurs adversaires, mais de remporter le plus davantages possible pour eux-mêmes " (note 2). Selon le triangle de la négociation de François Delivré (note 3), lorsque chaque négociateur na que son propre objectif en tête sans prendre en compte les enjeux de son interlocuteur, cela conduit rapidement à une situation conflictuelle sans issue. Pour en sortir, les négociateurs vont devoir tisser des liens pour parvenir à un objectif commun quils vont en quelque sorte engendrer comme père et mère : lélaboration du contrat. Tout se passe comme si la situation de négociation impliquait la mise en jeu de trois éléments : le premier négociateur A (1), le second négociateur B (2) et le contrat (3) auquel ils souhaitent parvenir. Ces trois éléments sont eux-mêmes reliés par trois relations : les relations au contrat de chacun des deux négociateurs (4 et 5) ainsi que leur relation mutuelle (6). On obtient ainsi six zones formant figure de triangle et un concept : le triangle de négociation. Les six zones du triangle de la négociation
Zone 1 : le premier négociateur avec ses identités (personnelle, culturelle et institutionnelle), ses besoins, ses ressources et ses intentions. Zone 2 : le second négociateur, avec les mêmes éléments. Zone 3 : le contrat en cours délaboration, cest-à-dire les clauses dont conviennent les deux parties au fur et à mesure de la progression de la négociation. Zone 4 : les propositions contractuelles du premier négociateur sous forme des éléments techniques, juridiques et financiers, etc., quil souhaiterait voir figurer au contrat. Zone 5 : les propositions contractuelles du second négociateur sous forme des éléments techniques, juridiques et financiers, etc., quil souhaiterait voir figurer au contrat. Zone 6 : la relation qui existe entre les deux négociateurs comprenant la procédure de négociation, les signes de reconnaissance échangés, la façon de communiquer en fonction de la personnalité du partenaire, etc. En cours de négociation, les deux parties se déplacent dune zone à lautre au gré du déroulement, gérant ainsi le dilemme consistant à résoudre à la fois leur propre problème et celui de lautre.
La coopération, une approche gagnante en négociation On peut ressortir quelques caractéristiques des philosophies à dominante coopérative :
Les conséquences de lutilisation de la négociation à dominante coopérative peuvent être :
La démarche coopérative sappuie sur certains éléments clés qui sont présents dans tous les nouveaux modèles de négociation proposés :
Enfin, retenons que le compromis de la coopération nassure pas le gain le plus élevé : il demande un sacrifice partagé.
Notes :
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